mardi 21 janvier 2014

Chronique n°8 : Un Roman Français, de Frédéric Beigbeder.


Synopsis : C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres.
C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. 

Avis :

        Autant vous prévenir si vous n'êtes pas déjà au courant, Frédéric Beigbeder est mon auteur préféré. Après avoir lu L'amour dure trois ans, je m'étais promis de lire tout ces livres et j'ai trouvé celui là à la bibliothèque avec Nouvelles sous ecstasy que j'ai déjà chroniqué. Et comme je l'ai déjà dit, quand on a vraiment aimé un livre d'un certain auteur, on a peur d'être déçu des autres romans. C'est donc craintive que j'ai commencé ce roman.
        Pour la couverture, je n'ai pas la photographie de l'auteur, c'est un livre tout jaune pas forcément très beau mais bon c'est pas l'habit qui fait le moine comme on dit!
        L'histoire est assez simple, Frédéric Beigbeder, auteur à succès, est surpris en janvier 2008, avec un de ses amis auteurs, avec 2.6 grammes de cocaïne dans la poche. Il fut incarcéré dans une prison de Paris et relâché le surlendemain. Durant son court séjour en prison, ce dernier essaye de repenser à son passé, dont il est persuadé ne plus se rappeler. Le roman est constitué de flashbacks de son passé et du déroulement de son emprisonnement. 
        J'ai lu le livre en deux traites; à la fac en attendant mon bus, et le soir dans mon lit, jusqu'à deux heures du matin. Je n'arrivais pas à me défaire du livre. J'y est retrouvé l'écriture fluide de Beigbeder que j'apprécie tant. L'histoire est prenante, on est tellement dedans qu'on a pas de difficulté à discerner le passé du présent. C'est un roman autobiographique, il y raconte l'histoire de sa famille d'une manière particulièrement.. normale. Aucune critique, aucun jugement, et c'est vraiment beau de voir une histoire de famille racontée comme cela. On y trouve pas le Beigbeder vulgaire qu'on peut avoir dans certains chapitres de ses autres œuvres, on y voit vraiment l'homme et sa pensée. Le quatrième de couverture n'est que le copié/collé du chapitre 39, et il résume parfaitement l'histoire de sa vie. Ce livre est une belle leçon d'humilité, autant pour nous que pour l'auteur
        La fin vient signer la fin de son emprisonnement ainsi que la fin de son récit sur son passé. C'est une lecture d'un peu moins de 300 pages qui passe à une vitesse incroyable. J'ai tout bonnement adoré ce roman. Et cela fait que j'admire encore plus son auteur. Si certaines personnes serait tenté de lire un roman de Frédéric Beigbeder, je serais tenté de leurs dire de commencer par celui-ci même si sa dernière oeuvre, en tout cas je le conseille à celle qui veulent en apprendre un peu plus sur cet auteur, à ceux qui ont déjà lu un de ses romans, bon, je le recommande à tout le monde. Ce livre est une pépite d'or, en tout cas, je l'ai adoré, c'est un vrai gros coup de cœur. 

Note : 20/20 !

Citations favorites :

« Je voudrais que tu me consoles. Tu viens chez moi ? N'oublies pas d'amener tes deux bras, j'ai l'intention de dormir au milieu. Au fait, je t'aime. »

« Au moment où, devenus parents à leur tour, les enfants veulent enfin savoir d'où ils viennent, les tombes ne répondent plus. »

« Toutes mes angoisses sont de sa faute aussi : il m'a inoculé un virus dont on ne guérit jamais. Le bonheur d'être coupé du monde, voilà ma,première addiction. Arrêter de lire des romans exige beaucoup de force. Il faut avoir envie de vivre, courir, grandir. J'étais drogué avant même que d'avoir le droit de sortir le soir. Je m'intéressais d'avantage aux livres qu'à la vie.
Depuis je n'ai cessé d'utiliser la lecture comme un moyen de faire disparaître le temps, et l'écriture comme moyen de le retenir. »

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